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Bruniquel : une grotte qui change notre vision de Néandertal - Un chercheur de l’Université de La Rochelle dans l’équipe recherche internationale

François Lévêque du laboratoire LIENSs « Littoral, environnement et sociétés » (Université de La Rochelle/CNRS) a réalisé les analyses magnétiques des traces de feux dans cette découverte.

François LévêqueLes travaux de François Lévêque portent sur la détermination d’indicateur d’état pour l’étude des variations spatio-temporelles de l’environnement à partir des propriétés magnétique des minéraux traces ferromagnétique ; ces outils sont appliqués à l’étude des contaminations en éléments traces métalliques anthropogéniques, à l’étude des sols et du paléoenvironnement.

Dans la grotte de Bruniquel (Tarn-et-Garonne), à 336 mètres de l’entrée, des structures ménagées viennent d’être datées d’environ 176 500 ans. Cette découverte recule considérablement la date de fréquentation des grottes par l’Homme, la plus ancienne preuve formelle datant jusqu’ici de 38 000 ans (Chauvet). Elle place ainsi les constructions de Bruniquel parmi les premières de l’histoire de l’humanité. Par ailleurs, des traces de feu à proximité révèlent aussi que, bien avant Homo sapiens, les premiers Néandertaliens savaient utiliser le feu de manière à circuler dans un espace contraint, loin de la lumière du jour. Ces travaux, publiés le 25 mai 2016 dans Nature, ont été menés par une équipe internationale impliquant notamment Jacques Jaubert de l’université de Bordeaux, Sophie Verheyden de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB) et Dominique Genty du CNRS, avec le soutien logistique de la Société spéléo-archéologique de Caussade, présidée par Michel Soulier. Ils ont été soutenus par le ministère de la Culture et de la Communication.

Prise de mesures pour l’étude archéo-magnétique dans la grotte de Bruniquel. © Michel SOULIER – SSAC.

Une équipe internationale et pluridisciplinaire

Ces travaux ont associé les laboratoires suivants :

  • Le laboratoire « de la Préhistoire à l’actuel : culture, environnement et anthropologie » (PACEA - CNRS/Université de Bordeaux/ministère de la Culture et la Communication) avec Jacques Jaubert, Catherine Ferrier, et Frédéric Santos.
  • L’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB), Bruxelles, Belgique, avec Sophie Verheyden et Christian Burlet.
  • Le Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE - CNRS/CEA/UVSQ) avec Dominique Genty, Dominique Blamart, et Édouard Régnier.
  • L’Université de Mons, Belgique, avec Serge Delaby.
  • Le laboratoire Archéovision (CNRS/Université de Bordeaux Montaigne) pour le relevé en 3D des structures, avec Pascal Mora.
  • Le laboratoire « Littoral, environnement et sociétés » (Université de La Rochelle/CNRS) pour les analyses magnétiques des traces de feux, avec François Lévêque.
  • Le Laboratoire de géologie de l’Ecole Normale Supérieure (CNRS/ENS Paris) pour les analyses Raman avec Damien Deldique et Jean-Noël Rouzaud.
  • L’université Xi’an en Chine et l’université du Minnesota aux États-Unis avec Hai Cheng et Lawrence R. Edwards.
  • Des équipes des sociétés Hypogée, Archéosphère (France) GETinSITU (Suisse) pour les relevés topographiques.

Les opérations de recherche archéologiques ont été financées par la Drac Midi-Pyrénées et les différentes institutions. La Société spéléo-archéologique de Caussade, présidée par Michel Soulier, a assuré la gestion du site, la couverture photographique et le soutien technique et logistique durant les opérations programmées.

Une demande de protection au titre des monuments historiques est en cours auprès du ministère de la Culture et de la Communication, de même qu’un suivi climatique et des mesures d’équipement et de protection adaptées. Les opérations de recherche devraient se poursuivre en 2016.

La grotte de Bruniquel est située sur une propriété privée et toute visite est strictement impossible.

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Contacts

  • Communication Université de La Rochelle
    Aude Olivier - Tél. : +33 (0)5 16 49 67 16
publié le vendredi 22 juillet 2016