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Mercredi 17 octobre 2012 de 17h30 à 20h00

UFR des Lettres, Langues, Arts et Sciences Humaines

Bâtiment FLASH1
Amphi 250A
1, parvis Fernand Braudel
La Rochelle

Conférence « Bilinguisme chez l’enfant et l’adolescent/adulte : quelles similitudes – quelles différences ? »

Le Centre Inter-Pôles d’Enseignement des Langues (CIEL) propose une conférence de Jürgen MEISEL, professeur à l’Université de Calgary (Canada).

L’acquisition des connaissances et aptitudes qui sont nécessaires pour l’utilisation de la langue maternelle (L1) se déroule rapidement. Elle est couronnée de succès chez tous les enfants – à l’exception de cas pathologiques. Aucun entraînement ciblé, aucune intervention pédagogique spécifique n’est nécessaire. Pour que l’acquisition du langage se déroule avec succès, la seule intégration de l’enfant dans l’interaction quotidienne est suffisante. La situation change quand il s’agit d’apprendre une deuxième ou troisième langue en tant qu’adolescent ou adulte : le succès n’est plus garanti, le degré de succès varie considérablement d’une personne à l’autre et – une compétence comparable à celle en L1, la langue maternelle, semble inaccessible, du moins pour l’immense majorité des apprenants.

Pourquoi une telle différence qualitative entre l’acquisition d’une L1 et d’une L2 ?

La rapidité et l’uniformité de l’acquisition de la première langue suggèrent l’existence d’une faculté humaine, spécifiquement conçue pour l’acquisition du langage. Se pourrait-il que cette faculté soit « surmenée » quand il s’agit de la tâche d’acquérir deux ou trois systèmes linguistiques ? Ou bien cette faculté est-elle sujette à des changements liés à l’âge ?

Les résultats des recherches sur le bilinguisme/multilinguisme chez l’enfant semblent donner une réponse négative à la première hypothèse. Les enfants qui grandissent dès leur naissance avec la présence quotidienne de deux langues n’ont aucune difficulté à différencier les différents systèmes grammaticaux et à les faire évoluer pour une utilisation efficace dans leurs interactions quotidiennes. La faculté de langage humaine semble donc inclure une disposition au « multilinguisme ».

Que signifie donc le fait qu’à l’adolescence, apprendre une langue semble si différent ?

À bien des égards, les connaissances en L2 (langue seconde) se distinguent nettement de celles en L1 si l’acquisition a commencé à l’âge de 6 ans ou plus tard. Certaines différences majeures se manifestent déjà vers l’âge de 4 ans. Il semble que la faculté innée spécialisée sur l’acquisition d’une langue ne soit pas disponible à tout âge au même degré.

En tant que parents et/ou enseignants, mais aussi en tant qu’étudiants nous avons tous besoin d’enrichir nos connaissances dans ce domaine – que ce soit pour ajuster des attentes parfois irréalistes, calmer des inquiétudes trop souvent infondées, corriger des idées reçues sur les « bonnes manière d’apprendre une langue ». Une multitude de questions surgit quand on essaye de résoudre quelques problèmes liés à l’apprentissage des langues : Y a-t-il un âge « idéal » pour acquérir une deuxième langue ? Quel degré d’intensité est préférable ? Dans quel cadre institutionnel ? Quel degré de succès peut-on espérer ? Quels domaines sont particulièrement « vulnérables » ou « résistants » à l’acquisition chez l’adulte ou l’adolescent - pourquoi ?

Dans un pays où une formation spécifique des enseignants de langue est très insuffisante et où l’idéal du « monolinguisme (républicain) » est parfois un peu trop vénéré, il nous semble souhaitable de fournir des éléments de réponse à quelques-unes de ces questions.

Jürgen MEISEL a mené et publié un grand nombre de travaux de recherche dans le domaine du bilinguisme et du multilinguisme.

publié le lundi 24 septembre 2012