Début février 2026, une vaste campagne scientifique d’observation aérienne de la mégafaune marine sera lancée en Polynésie française dans le cadre du projet REMMOA II – Connaître et préserver la biodiversité marine. Cette mission d’envergure vise à produire un état des lieux et à actualiser les connaissances sur la distribution et l’abondance des grandes espèces marines dans l’un des plus vastes espaces océaniques du monde, quinze ans après une première campagne de référence menée en 2011.

Porté par l’Observatoire PELAGIS (La Rochelle Université/CNRS), avec le soutien de l’Office français de la biodiversité et de la Fondation La Rochelle Université, le projet REMMOA II s’inscrit dans un contexte de changements globaux et de pressions croissantes sur les écosystèmes marins.

Un enjeu stratégique pour la France et ses territoires ultramarins

Les océans couvrent plus de 70 % de la surface de la planète et les territoires ultramarins représentent près de 97 % du domaine maritime français, dont près de la moitié pour la seule Polynésie française. Ces espaces abritent une biodiversité exceptionnelle – cétacés, oiseaux marins, tortues, requins et raies – encore insuffisamment connue au large, au-delà des zones récifales et côtières.

Le projet REMMOA II a pour ambition de fournir des données scientifiques robustes pour mieux comprendre l’évolution de cette mégafaune marine et appuyer les politiques publiques de conservation.

Une campagne d’observation aérienne à très grande échelle

Pendant trois mois, de février à avril 2026, une équipe d’une quinzaine de personnes, dont onze scientifiques, parcourra près de 30 000 kilomètres en avion afin de couvrir une zone de plus de 850 000 km², englobant les cinq archipels de Polynésie française.

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Grâce à une méthodologie d’observation aérienne éprouvée, les scientifiques collecteront des données sur :

  • la diversité, l’abondance et la distribution des espèces marines,
  • certains indicateurs d’activités humaines, tels que la présence de déchets flottants ou d’engins de pêche.

Des observateurs locaux seront également recrutés et formés, renforçant les compétences scientifiques sur le territoire.

« Face aux changements globaux actuels, retourner sur cette zone quinze ans après est important pour comprendre les évolutions en cours et mieux orienter les stratégies de conservation de la grande faune. La réussite scientifique de ces campagnes repose sur une aventure humaine forte, fondée sur le travail collectif et les échanges noués tout au long de la mission. »

Jérôme Spitz, directeur de l’Observatoire PELAGIS

 

Des résultats attendus pour la science, la conservation et la société

Les données recueillies permettront de comparer la distribution de la biodiversité marine avec celle observée en 2011, d’identifier des zones à forts enjeux de conservation et de contribuer à des initiatives internationales, telles que la désignation de zones importantes pour les mammifères marins (IMMA) ou les requins et raies (ISRA).
Ces travaux s’inscrivent également dans une dynamique de formation par la recherche : une doctorante de La Rochelle Université mène actuellement une thèse consacrée à l’abondance et à la distribution de la mégafaune marine en Polynésie française, et à l’identification des zones importantes de biodiversité.
Le projet accorde également une place importante à la diffusion des connaissances et à la sensibilisation, notamment auprès du grand public et des scolaires (en lien avec le réseau des Aires Marines Éducatives (AME) et en partenariat avec la Direction Générale de l’Éducation et des Enseignements (DGEE)). Ces actions seront menées grâce à une collaboration avec les services du pays, notamment la direction de l’environnement (DIREN) et la direction des ressources marines (DRM) ou les associations telles que Te mana o te moana, SOP-Manu, Dauphin de Rangiroa ou Oceania.

Un lancement officiel à Tahiti

Le lancement de la campagne REMMOA II s’inscrit dans la seconde édition de « Te Mana o Te Moana Nui a Hiva – Unir nos actions pour préserver le Mana de notre Océan », organisée le 28 janvier 2026 à Tahiti, sous le haut patronage du Haut-commissaire de la République et du Président de la Polynésie française. Cette journée rassemblera toute la communauté polynésienne de l’océan : institutions, associations, administrations, scientifiques, entreprises de l’économie bleue, scolaires et enseignants.

Un projet fédérateur

Au-delà des partenaires institutionnels, le projet REMMOA II est soutenu par plusieurs mécènes de La Fondation la Rochelle Université.
En effet deux acteurs du territoire, l’Aquarium La Rochelle et la Fondation Léa Nature, ont témoigné de leur engagement en faveur de la recherche en accompagnant REMMOA II pour les 3 prochaines années. Ces soutiens vont permettre de contribuer au financement de la mission scientifique mais aussi de lui donner un écho supplémentaire auprès du public rochelais.
Des mécénats en nature ont également été acquis pour faciliter la mise en œuvre de la mission grâce à la compagnie aérienne Air Tahiti Nui et à la société Getac.

 

En savoir plus :

De plus, les données d’observation seront consultables sur PelaObs, boite à outils qui rassemble toutes les Données Elémentaires d’Echanges (DEE) des observations visuelles issues des campagnes aériennes et océanographiques réalisées par l’Observatoire PELAGIS.

 

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