Agriculture biologique et conventionnelle : des impacts contrastés sur la charge parasitaire des passereaux La Rochelle Université > L’Université > Espace Presse > Communiqués de presse de La Rochelle Université > 2026 > Agriculture biologique et conventionnelle : des impacts contrastés sur la charge parasitaire des passereaux Publié le 3 février 2026 Est-ce que les pesticides peuvent aider les oiseaux à lutter contre les parasites ? Une étude menée par une équipe du Centre d’Études Biologiques de Chizé (La Rochelle Université – CNRS – INRAE) révèle que le modèle agricole modifie la charge parasitaire des oiseaux des milieux agricoles. Dans les paysages en agriculture conventionnelle utilisant des pesticides de synthèse, les oiseaux ont moins de parasites externes (tiques, poux) et plus de parasites internes du sang responsables de maladies qui peuvent leur être potentiellement fatales. Une étude inédite sur plus de 1 000 passereaux L’intensification agricole, notamment au travers de l’usage massif de pesticides de synthèse, est reconnue comme l’un des principaux facteurs du déclin des oiseaux des campagnes. Mais leur impact sur les infections parasitaires des oiseaux était jusqu’ici peu étudié. Dans la plaine agricole du sud de Niort (Zone Atelier Plaine & Val de Sèvre), la présence de quatre types de parasites – tiques, poux, parasites sanguins (Plasmodium) et parasites intestinaux (coccidies) – a été comparée sur plus de 1 000 oiseaux vivant dans des paysages riches en agriculture conventionnelle ou en agriculture biologique. Les résultats, publiés cet automne dans Agriculture, Ecosystems and Environment, démontrent un effet contrasté des systèmes de production : Les oiseaux vivant dans des paysages dominés par une agriculture conventionnelle portent moins de parasites externes (tiques, poux), Mais ils présentent davantage de parasites sanguins, dont certains proches des agents de la malaria aviaire. Des effets qui dépassent le monde animal Selon les scientifiques du projet, en limitant la survie des parasites externes dans l’environnement, les pesticides de synthèse utilisés en agriculture conventionnelle réduiraient leur nombre chez les oiseaux, relâchant ainsi cette pression parasitaire. En revanche, la contamination des oiseaux par les pesticides affaiblirait leur système immunitaire, favorisant ainsi la multiplication des parasites internes. Comme ces parasites internes peuvent présenter des effets néfastes pour la santé, cette multiplication pourrait ainsi augmenter leur mortalité. Ces résultats rappellent que l’évaluation des systèmes de production (agriculture biologique ou conventionnelle) doit considérer non seulement la biodiversité (oiseaux, insectes, plantes) mais aussi la santé des animaux et leurs interactions avec les pathogènes. Au-delà des oiseaux, ces résultats interrogent l’impact de l’usage de pesticides sur l’ensemble du vivant, y compris sur la santé humaine et leurs parasitoses. Lier la santé environnementale, animale et humaine définit ce que l’on nomme une approche globale de type « Une seule santé » (One Health). Cette étude a été conduite par Audrey Bailly (doctorante, CEBC), en collaboration avec Karine Monceau et Jérôme Moreau (La Rochelle Université – CNRS). Elle a bénéficié du soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine (Projet Nov’LAND), de l’ANR, du métaprogramme METABIO d’INRAE et du plan Ecophyto II+, piloté par les ministères en charge de l’agriculture, de l’écologie, de la santé et de la recherche, avec le soutien financier de l’Office Français de la Biodiversité. Documents à télécharger Communiqué de presse du 4 février 2026 Dans cette rubrique Agriculture biologique et conventionnelle : des impacts contrastés sur la charge parasitaire des passereaux S’orienter, s’informer, se projeter : Portes ouvertes ce samedi à La Rochelle Université Lancement de la campagne scientifique REMMOA II : Mieux connaître et préserver la biodiversité marine en Polynésie français CAPéMARE : répondre aux besoins de compétences pour le développement de l’éolien Les mélanges de pesticides altèrent l’état de santé des perdrix grises : une première démonstration Mieux comprendre les captures accidentelles de dauphins dans le golfe de Gascogne pour pouvoir les réduire Contact Direction de la Communication +33 (0)5 46 45 85 68 Envoyer un message Du lundi au vendredi de 9h à 12h30 et de 14h à 17h30